La prière pour les défunts

Pier Giorgio mordait dans la vie, son quotidien grouillait d’activités étudiantes, sportives, caritatives, amicales et familiales. Avec ses joies et ses  contrariétés, il profitait pleinement du moment présent. En même temps, il était conscient de la fragilité de la vie, particulièrement lorsqu’il partait en excursions dans les Alpes: Quand on va en montagne, il faut auparavant se mettre en paix avec sa conscience parce qu’on ne sait jamais si on en reviendra. (1)

Sa prière incluait des intentions pour les défunts. Aussi, il portait des fleurs au cimetière de Pollone ou encore, il emportait les fleurs des réceptions pour fleurir les cercueils des pauvres. (2)  D’une manière particulière, il était sensible à la peine de ceux qui vivaient un deuil. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de la mort de votre fils, je prierai pour lui à la communion. (3)

Lors de sa dernière escalade, aux Lunelles, le 7 juin 1925, pour un ami mort en montagne, il récita le De Profundis.  C’est à dire, le psaume 130 (129): Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur : Seigneur, écoute mon appel. Que ton oreille se fasse attentive à au cri de ma prière! Si tu retiens les fautes, Seigneur, Seigneur, qui subsistera? Mais près de toi se trouve le pardon. (4) À ce moment, il était loin de se douter qu’un mois plus tard, ce serait pour lui que ses amis réciteraient le de profundis

Vers la fin de sa vie, se préparer à son propre passage vers le Père faisait l’objet de sa prière: À partir d’aujourd’hui, je tâcherai de faire tous les jours une petite préparation à la mort pour ne pas être pris au dépourvu à l’instant de mourir et n’avoir que des regrets pour les belles années de la jeunesse dépensées en pure perte au point de vue spirituelle. (5)

Il y a aussi une de ses maximes qui interpelle: Je crois que le jour de ma mort sera le plus beau jour de ma vie. (6)  Elle rejoint un peu celle d’un grand poète québécois, Félix Leclerc, qui a écrit: C’est grand la mort, c’est plein de vie dedans!

Oui, Pier Giorgio savait que la mort n’est qu’un passage, une lampe qui s’éteint au lever du jour et, qu’à ce moment ultime, le 4 juillet 1925, il serait étreint amoureusement par Celui que durant les 24 années de sa trop courte vie il avait aimé et annoncé joyeusement. Il serait alors au sommet de son ascension! Verso l’alto! Toujours plus haut!

En terminant, pour ceux qui sont sceptiques concernant la vie qui se poursuit après la vie, voici un texte humoristique publié sur Aleteia: (7)

Dans le ventre d’une femme enceinte, se trouvaient deux bébés jumeaux.    

Le premier demande à l’autre :

– Et toi, tu crois vraiment qu’il y a une vie après la naissance ?

– Oui, bien sûr. C’est évident qu’il y a quelque chose après la naissance. Pour le moment, nous sommes  sans doute ici juste pour nous préparer à ce que nous serons plus tard.

– Balivernes ! Il n’y a pas de vie après la naissance. Et à quoi ressemblerait cette vie-là vraiment?

– Je ne sais pas exactement, mais il y aura à coup sûr davantage de lumière qu’ici. Peut-être qu’on marchera avec nos pieds et on mangera avec notre bouche.

– N’importe quoi ! Marcher est impossible. Et manger avec la bouche ? C’est totalement ridicule! C’est le cordon ombilical qui nous nourrit. Écoute-moi, c’est impossible qu’il y ait une vie après la naissance. Le cordon ombilical est très court.

– Vraiment, je suis sûr qu’il y a quelque chose. Tout sera simplement un peu différent de ce à quoi nous sommes habitués ici.

– Mais personne n’est jamais revenu d’ici après la naissance. Après l’accouchement, la vie est finie. Et qu’est-ce que la vie en fin de compte ? La vie n’est rien de plus que l’angoisse prolongée dans le noir.

– Eh bien, je ne sais pas exactement comment sera notre vie après la naissance, mais une chose est sûre, nous verrons maman et elle prendra soin de nous.

– Maman ? Tu y crois, à maman ? Et où est-elle censée être ?

– Où ? Mais elle est partout, autour de nous ! C’est en elle et grâce à elle que nous vivons. Et sans elle tout ceci n’existerait pas. Nous ne serions pas là.

– Je n’en crois rien ! Je n’ai jamais vu aucune maman. Et donc pour moi, c’est évident qu’elle n’existe pas !

– Eh bien, parfois lorsque tout est silencieux, on peut entendre quand elle chante. On peut sentir quand elle caresse notre monde. Sache-le, je suis certain que seulement alors la vraie vie nous attend et que, maintenant, nous sommes seulement en train de nous y préparer. 


  1. Luciana, FRASSATI, Les jours de sa vie, p.135
  2. Ibid, p.103
  3. Ibid, p.70
  4. Ibid, p.180
  5. Pier Giorgio, FRASSATI, Lettres,19 juil 1923
  6. Luciana, FRASSATI, Les jours de sa vie, p.213
  7. https://fr.aleteia.org/2016/11/15/si-vous-ne-croyez-pas-a-la-vie-apres-la-mort-lisez-ceci/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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